Des pommes qui tombent au sol, des poires jamais ramassées, des coings laissés pour compte… À Saint-Sauvant et dans les environs, les jardins regorgent de fruits qui risqueraient de finir perdus. SEI a décidé d’agir. Avec son programme Premières Heures en Chantier, l’association transforme ces fruits oubliés en levier d’insertion professionnelle et de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Depuis plus de 14 ans, SEI œuvre à Saint-Sauvant et dans ses alentours pour l’insertion professionnelle des habitants, notamment les plus précaires.
Face à l’augmentation des situations de fragilité sociale, l’association a fait le choix d’innover en mettant en place la démarche Premières Heures en Chantier, en partenariat avec Convergence France.
Cette expérimentation — unique dans la Vienne — propose un modèle d’accompagnement adapté au milieu rural : recrutement sans sélection, reprise d’activité progressive, accompagnement social renforcé, notamment autour de l’accès à un logement digne et décent.
Le jardinage comme tremplin vers l’emploi
Pour porter ce projet, SEI a développé un support d’activité autour du jardinage. Une partie des productions alimente le restaurant d’insertion le Ô Poirion ! : fruits rouges, aromates, fleurs comestibles, légumes oubliés… des produits parfois difficiles à trouver localement. À ce jour, sept personnes ont déjà intégré le programme, accompagnées pas à pas vers un retour durable à l’emploi, en lien avec les acteurs sociaux du territoire.
Des vergers aux paniers solidaires : les ramasses anti-gaspi
Le déclic est aussi venu d’un constat simple : les habitants cherchaient des solutions pour ne plus perdre les fruits de leurs vergers. En réponse, SEI organiser des ramasses anti-gaspillage, avec l’accord des propriétaires qui ouvrent volontiers leurs jardins.
Le principe est simple et solidaire : 50 % des récoltes reviennent aux propriétaires, 50 % sont redistribués via des paniers alimentaires ou transformés par SEI. Depuis septembre, plus de 2 tonnes de fruits ont été sauvées. Une partie été pressée et transformée en jus locaux, grâce à notre partenaire Gargouil.
Ces ramasses vont bien au-delà d’une simple récolte : elles offrent une première marche vers l’emploi à des personnes éloignées du monde du travail. En dégustant ces jus, vous faites bien plus que vous rafraîchir : vous soutenez le retour à l’emploi, vous luttez contre le gaspillage alimentaire, vous contribuez à faire vivre le lien social en milieu rural.
Et demain ? De nouvelles activités pour renforcer la production locale
Portée par la même envie d’allier utilité sociale et développement économique local, SEI voit plus loin. Prochaine étape : la création de deux vergers, grâce à des habitants qui mettent leurs terrains à disposition. Des journées bénévoles seront bientôt organisées pour planter poiriers, pommiers, amandiers, châtaigniers… Et parce que les bénévoles de SEI n’ont pas envie d’attendre en regardant leurs arbres pousser, l’association travaille déjà sur un nouveau projet pour 2026 : le développement d’une champignonnière ! Une activité supplémentaire, porteuse de sens, au service de l’action sociale et de la production alimentaire locale.